Le potentiel est là pour Gokurakugai mais l’histoire a du mal à trouver son rythme et ce n’est pas le chapitre bonus (variante du début du manga) qui aide.
Résumé : Alma tombe nez à nez avec un mystérieux jeune homme aux cheveux noirs devant le sanctuaire où il enquête. Ce garçon semble inoffensif et peureux, mais un sombre personnage rôde autour de lui… De retour au Q.G. du Saragi, Alma accompagne Nei le prodige et fait une découverte sur son pouvoir qui va tout chambouler !
Parution : 28/08/2024 chez Pika
Nombre de pages : 192
Prix : 7€20
Il y a du mieux mais j’avoue qu’on est encore assez loin d’un rythme de croisière prenant pour Gokurakugai. On sent que Yuto Sano essaye de nous donner quelques miettes concernant une intrigue plus complexe que les missions que l’on découvre, cependant entre une fin de mystère coupée et un chapitre « bonus » qui est une variante du début du manga… Niveau rythme ce n’est pas ça du tout. Même l’introduction de Nei qui a un côté trop comique au final n’arrive pas à redresser la barre. C’est dommage. On sent le potentiel mais il n’est pas exploité de façon cohérente au niveau de la narration.
Je ne suis pas (encore) découragée pour autant. Les personnages principaux sont charismatiques et intéressants, on a envie de les suivre et de comprendre ce qui se trame. C’est déjà le principal. La première partie est d’ailleurs très énigmatique. Elle fait carrément froid dans le dos même, mais sans trop m’avancer, je me dis qu’on a aussi rencontré le big méchant, donc c’est encourageant. Le personnage de Yoru d’ailleurs m’intrigue vraiment. Il a ce côté : je suis un gentil dans le fond, mais je fais des trucs moches. L’ambivalence pourrait donner quelque chose de pas mal du tout, et j’ai hâte de voir ça. J’espère juste ne pas avoir de trop grands espoirs.
La deuxième partie introduit Nei (personnage féminin de la couverture et collègue de notre duo). Son côté super badass est contrebalancé par un égocentrisme surdimensionné ce qui lui donne un effet comique. Je ne sais pas si j’aime ou pas ! Elle est mignonne, ça ne fait aucun doute, derrière les airs qu’elle se donne, mais j’ai tendance à me méfier des mangakas dans les shonen avec leurs personnages féminins. Il y a souvent un retour de bâton pas très agréable du genre : elle est balèze, c’est déjà suffisant, on ne va pas la travailler plus. Donc je reste sur mes gardes. Tao n’a pas l’air de rentrer dans cette catégorie, ce qui est super, mais je me dis que les autres ne sont pas à l’abri. Et j’espère vraiment me tromper, bien entendu. Une introduction donc sympathique mais qui là encore ne fait pas avancer les choses.
La troisième et dernière (vraie) partie du tome est par contre prometteuse. Je trouve dommage qu’elle n’ait pas de fin à proprement parlé, même si la conclusion arrivera dans le tome trois. Comme je le disais, cela coupe le rythme et entraîne une part de frustration. On n’a pas eu grand-chose de concret à se mettre sous la dent au final. Cependant, deux choses positives ressortent de cette aventure. Déjà Alma. On ne peut pas créer un personnage aussi gentil et adorable que cela ! Ce garçon est juste un amour de première, naïf, encore gamin à bien des égards, mais une crème. Je l’adorai déjà mais là clairement il est sublimé. Deuxième point, le côté nuancé du « méchant » si je puis dire. On n’a pas encore tous les éléments donc c’est compliqué de se faire une idée globale, mais on sent que Yuto Sano essaye de ne pas jouer sur quelque chose de blanc ou noir, en donnant une raison aux actions mais également en jouant sur le fait qu’il n’y a pas vraiment de contrôle. Et c’est très très intéressant.
Le chapitre bonus n’apporte pas grand-chose comme on pouvait s’y attendre, mais il reste sympathique tout de même. Je regrette juste sa présence ici alors que le second tome de Gokurakugai méritait un petit quelque chose pour vraiment faire décoller l’histoire.
Un peu déçue même si globalement j’ai passé un bon moment. Je me répète mais le potentiel est là, il a juste du mal à prendre son envol. Gokurakugai doit vraiment appâter son lectorat avec quelque chose de lourd pour le tome trois, sinon, on va s’enliser dans les missions à répétition et clairement cela finira par de décourager.
Ma chronique du précédent tome de Gokurakugai : ici