Encore une réussite pour ce 6e tome de Cormoran Strike : Sang d’encre. Il aura su se faire attendre, mais il était très intéressant et complexe avec un sujet d’actualité : le cyberharcèlement.

Sang d'encreRésumé : Lorsqu’Edie Ledwell entre dans le bureau de la détective Robin Ellacott, elle est dans tous ses états. Cocréatrice d’un dessin animé très populaire nommé Sang d’encre, Edie est harcelée en ligne par un mystérieux personnage, qui se présente sous le pseudonyme d’Anomie, dont elle cherche désespérément à découvrir l’identité. Robin lui explique que l’agence ne peut rien pour elle, mais quelques jours plus tard, elle apprend une terrible nouvelle : Edie a été tuée dans le cimetière londonien de Highgate, là même où se déroule l’intrigue de Sang d’encre. Robin et son associé Cormoran Strike se lancent alors sur les traces d’Anomie sans imaginer que cette traque va s’avérer plus complexe et périlleuse que prévu. Entre les secrets de la toile, les intérêts commerciaux et les conflits familiaux, Strike et Robin se retrouvent embarqués dans une affaire qui va les mettre en grand danger. Mais est-ce qu’adversité rimera enfin avec amour ?

 

Sang d'encre

Auteur(s) : Robert Galbraith
Parution : 02/05/2024 chez GRASSET
Nombre de pages : 1008
Prix : 27€

Depuis le temps que je l’attendais ce tome six de Cormoran Strike ! On peut dire qu’il s’est fait attendre (j’espère que le septième ne tardera pas trop d’ailleurs…). Mais quel régal ! Impossible de lâcher Sang d’encre et ce petit pavé n’a au final pas mis trop longtemps à être lu.

C’était addictif. D’autant plus que le sujet principal de cette sixième enquête touche le cyberharcèlement, et on peut aisément dire que c’est tout à fait d’actualité, et que les conséquences raisonnent d’autant plus à notre époque. Et franchement, voir ces trolls se faire traquer et les victimes obtenir justice, il n’y a pas à dire… c’était jouissif. Parce qu’on sait tous que c’est malheureusement très peu le cas dans la vraie vie.

L’enquête en elle-même montre d’ailleurs très bien les deux aspects du crime. Déjà, les conséquences sur les victimes, qui souvent ne trouvant pas d’aide finissent par se faire du mal, sur les proches également. Le fait que l’effet de masse va souvent grossir les rangs des harceleurs, plutôt que celui des défenseurs de la victime. La facilité avec laquelle une rumeur devient vraie, car au final, personne ne cherche vraiment à connaître la vérité. Les astuces assez incroyables misent en place par les trolls. C’est un travail de longue haleine qui se déroule durant le tome, et outre le côté glaçant, on voit combien l’anonymat que procure internet est une arme puissante.

La longueur de l’enquête est aussi un atout. On a du mal à appréhender, je pense, la charge de travail des enquêteurs (toutes professions confondues). Avec le nombre de séries policières et les films du même genre, on a souvent cette impression de vitesse. Ici, dans Sang d’encre, l’enquête dure plusieurs mois et on voit combien les personnages galèrent, les ramifications que peuvent engendrer un indice ou un soupçon, tout le travail minutieux qui doit être fait. Un peu de réalisme que j’ai trouvé intéressant. Ça ne m’avait pas autant frappé dans les autres tomes, je dois dire, mais ici c’était flagrant.

A côté de cela s’ajoute un groupe terroriste prônant la race blanche et la masculinité. Tout un programme… Mais là encore, même si clairement, il y avait de quoi faire grincer des dents, J.K. Rowling arrive à mettre le doigt sur toute la complexité de l’enquête, et surtout les méthodes employées par ces extrémistes. Le tout rend le tome assez lourd du point de vue psychologique. Ce n’est pas un défaut, loin de là, mais je pense que le roman n’est clairement pas à mettre entre toutes les mains.

La vie de l’agence se fait aussi un petit bonhomme de chemin. De nouveaux collègues, la dynamique d’associés entre Strike et Robin, la prospérité qui leur permet de souffler, mais qui ne tient toujours qu’à un fil. Il y a aussi une grande part de « romance ». Je mets le mot entre guillemets, car il n’y a pas de romantisme à proprement parlé, mais la vie amoureuse des deux héros prend pas mal de place (là encore, pas une critique !). J’ai moyennement confiance en J.K. Rowling de ce côté-là… mais les sentiments de Robin et Cormoran sont enfin plus exploités. Je pense que comme beaucoup, j’aimerai qu’il y ait une concrétisation, leur relation pourrait ainsi atteindre un côté fusionnel qui nous titille depuis longtemps, et en même temps, la peur que tout cela fasse exploser leur duo est bien présente. Mais clairement, c’était aussi un élément que j’ai adoré suivre.

Sang d’encre est encore une réussite pour moi. Comme dans les précédents tomes, je regrette qu’on ne nous laisse pas des miettes de pain pour avoir une idée des coupables, mais les explications finales sont cohérentes et répondent à toutes les questions. Pas mal de rebondissements, des pics d’adrénaline, des héros toujours aussi attachants, moi j’en redemande (très rapidement).

Mes chroniques des précédents tomes de Cormoran Strike : ici

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